Origami

Des origines lointaines

Venu de la Chine ancienne mais développé et perfectionné au Japon, l’origami est l’art de plier le papier, sans collage, ni découpage, pour lui donner la forme de représentations figurant une réalité. Son nom vient des mots japonais « oru » qui signifie « plier » et « kami » qui veut dire « papier ». Bien plus qu’une activité amusante, l’origami est considéré par les Japonais comme un rituel lié à de nombreuses cérémonies ainsi qu’à la religion bouddhiste ou shintoïste et comme un élément essentiel de la culture vivante. Japan gate représenté avec des oiseaux origamiTradition ancestrale, l’origami a sans doute été inventé deux siècles avant notre ère en même temps que le papier, en Chine. Probablement introduit au Japon par des moines bouddhistes, il accompagne l’essor de la fabrication du papier dans ce pays et s’y installe en tant que pratique artistique traditionnelle où ces pliages portent une forte signification symbolique : porte-bonheur, cadeaux, éléments de décoration lors des cérémonies et des rites religieux, activité considérée comme faisant partie de la recherche de la sérénité dans la philosophie « zen ». Progressivement diffusé dans le monde entier, l’origami est devenu au fil du temps un moyen d’expression artistique et symbolique dans de nombreux pays. Sa pratique est considérée par les pédagogues comme un moyen efficace d’apprentissage de la géométrie, de la concentration et du contrôle du geste.

Les représentations les plus courantes

Origamie colorée : la GrueLes enfants occidentaux ignorent sans doute que, lorsqu’ils fabriquent un bateau en papier, une cocotte ou un avion, ils pratiquent l’origami ! Certaines figures sont désormais ancrées dans l’imaginaire collectif, même si ce qu’elles symbolisent reste parfois inconnu. La grue japonaise est une de ces représentations stylisées que l’on rencontre souvent. La légende veut que celui qui plie mille grues voie son vœu exaucé. A Hiroshima, cet origami est devenu symbole de paix et le mémorial Sadako rend hommage à une petite fille victime des radiations nucléaires qui avait plié 644 grues avant de mourir. Ses camarades ont plié les grues manquantes afin que son vœu de paix se réalise. Le moulin à vent, le poisson, le chalutier et le voilier sont d’autres représentations faciles à réaliser. Plus délicats à effectuer sont les pliages nécessaires pour les fleurs, de toutes formes et de toutes tailles, et pour les boîtes. Le soin et la précision des gestes sont indispensables pour la réussite des origamis. La forme finale peut sembler extrêmement complexe mais il suffit souvent de suivre scrupuleusement la fiche technique pour parvenir à un beau résultat… même si ce n’est pas au premier essai ! Le choix du papier adéquat est également un facteur essentiel de réussite.

Quel papier utiliser ?

Le type de papier à privilégier dépend de la forme souhaitée, mais aussi de l’habileté du plieur ! Pour débuter, il est préférable d’utiliser un papier tout simple, pas trop épais pour être facile à manier et pas trop fin pour ne pas se déchirer : le papier à grammage 80g convient bien pour les premiers pas. Lorsque les pliages et la procédure sont bien maîtrisés, on peut passer à un papier plus luxueux ou plus spécifique comme le papier calque fin ou le papier de soie pour les origamis miniatures. Le papier plus épais, comme le papier employé pour le travail au pastel, est plus difficile à travailler. Il est souvent réservé à des formes simples. Selon le résultat visé, le choix de papier est infini : texture, épaisseur, couleur… sont des critères à prendre en compte en fonction de la forme finale que l’on veut obtenir. A l’origine, le papier était utilisé sans préparation mais actuellement on trouve des variantes destinées à faciliter les pliages ou la tenue du papier : le contrecollage consiste à fixer, avec de la colle, du papier de soie sur chaque face d’un papier d’aluminium afin d’éviter les déchirures et de maintenir plus facilement les plis. Le pliage humide consiste à vaporiser de l’eau sur un papier de grammage important pour faciliter sa mise en forme. Néanmoins les « puristes » de l’origami préfèrent continuer à travailler le papier tel qu’il est et rester fidèles à la philosophie de patience que suppose l’activité.

Un solfège pour pratiquer l’origami

Pour aider à la réalisation d’un pliage, il existe des fiches techniques ou « diagrammes » qui décrivent chaque étape à suivre scrupuleusement. La forme de base des origamis est le plus souvent un carré parfait. Il est impératif de bien marquer les plis en appuyant de l’ongle et de veiller à ce que les bords soient parfaitement alignés. Les plis de base constituent en quelque sorte la gamme sur laquelle doivent s’entraîner les débutants avant de s’attaquer à des figures plus complexes. Les plus simples sont le pli-vallée et le pli-montagne : le pli-vallée est un pli en creux qui consiste à rabattre par-devant la moitié du carré d’origine sur l’autre moitié. Le pli-montagne est un pli en crête qui suit la même démarche que le pli-vallée mais on rabat par-derrière. Le pli zigzag est indiqué par une flèche en zigzag sur les diagrammes. Il enchaîne un pli-vallée à un pli-montagne de manière à obtenir un pliage « en accordéon ». Les plis renversés intérieur et extérieur se réalisent à partir du pli-montagne : on pince la pointe d’un angle et on la rabat à l’intérieur ou à l’extérieur de la crête. C’est souvent ce pliage qui est utilisé pour les becs d’oiseaux. Les diagrammes qui expliquent la fabrication des différentes représentations utilisent toujours les mêmes symboles pour faciliter la lecture.

L’apprentissage des origamis est très visuel et empirique et leur fabrication exige une sorte de complicité qui s’instaure entre le papier et les mains. Dès que les étapes sont maîtrisées, l’esprit s’abandonne et devient disponible pour la méditation et la relaxation. La délicatesse et la fragilité des objets créés en font de véritables œuvres d’art que l’on a plaisir à confectionner et à offrir.